Chateaubriand, Vigny et le trappiste de Saint-Aubin de Médoc

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Jean-Pierre Méric

Résumé

À peine connue de quelques Bordelais férus d’histoire régionale, la très éphémère existence du petit monastère cistercien de Saint-Aubin-de-Médoc (1821-1830), près de Bordeaux, convoque néanmoins les noms de deux grands écrivains français. En 1803, l’inspiration de Chateaubriand dans le Génie du Christianisme, croise l’obscure destinée de son premier et unique père-abbé, dom Jean-Baptiste de Martres. Ce prêtre français émigré, devenu trappiste en Espagne en 1798, rencontre à Paris Alfred de Vigny presque vingt ans plus tard, en 1822. Le religieux y quête pour assurer l’avenir de sa fondation bordelaise ; le poète le fait parler d’un frère convers espagnol qu’il a connu quinze ans plus tôt : Antonio Marañón, dit Le Trappiste. Ainsi, grâce à Chateaubriand avec la sainteté cachée du frère Jean Climaque, grâce à Vigny avec l’extravagante personnalité du frère Antonio, l’humble moine errant, bordelais de hasard, apporte à son abbaye aux portes du Médoc une forme de notoriété qui ne la sauvera pas de l’oubli… mais qui méritait néanmoins qu’on l’en fît sortir.
Comment citer

Comment citer

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Méric, J.-P. 2021. Chateaubriand, Vigny et le trappiste de Saint-Aubin de Médoc. Revue française d’histoire du livre. 142, (oct. 2021), 151-175. DOI:https://doi.org/10.47421/rfhl142_151-175.
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