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Chronologie

Marc Boegner (1881-1970)

François BOULET

21 février 1881 : naissance de Marc Roger Boegner à Épinal (Vosges). Son père, Paul-Henri Gustave Boegner, est avocat puis préfet ; sa mère, Jenny Fallot, est originaire d’une famille de négociants. Sa famille a des origines alsaciennes et luthériennes. Il a une sœur aînée : Renée, née en 1878, et un frère aîné : Alfred, né en 1879.

1891-1892 : au lycée Pothier d’Orléans, il rencontre Charles Péguy. Puis il est élève à l’École alsacienne en 1892. Il prépare le concours de l’École navale au lycée Saint-Louis à Paris, où il est le condisciple du futur amiral Darlan, mais y renonce en raison d’un début de myopie. Il commence des études de droit. Pendant cette période, il passe ses vacances en Alsace chez sa grand-mère maternelle, fille de Daniel Le Grand.

Été 1898 : « révolution spirituelle » au Ban-de-la-Roche, sous l’influence de son oncle, le pasteur Tommy Fallot, et de sa cousine Blanche Fallot, fille de Tommy Fallot, qui l’interpelle : « Marc, quand seras-tu enfin sincère ? » Il commente ce souvenir : « C’est ce jour-là que je suis né de ce qu’on appelle “la nouvelle naissance” sans trop savoir ce que c’est. »

Novembre 1898 – juillet 1900 : il vit presque deux ans aux Auberts, sur la commune de Chastel-Arnaud (Drôme), chez son oncle Tommy Fallot, qui dessert la paroisse réformée de Sainte-Croix puis celle d’Aouste-sur-Sye, près de Crest ; il est très influencé par cette forte personnalité à travers des entretiens quotidiens, vivant auprès de lui « un temps d’étude, de recueillement, d’apprentissage de la vie chrétienne et ecclésiale qui me laisse de merveilleux souvenirs ». L’affaire Dreyfus – lui-même est dreyfusard – tient une place considérable dans ses préoccupations.

1900-1901 : il s’inscrit à la Faculté de théologie protestante, 83 boulevard Arago à Paris.

1901 : licencié en droit.

1901-1902 : service militaire.

Septembre 1902 : atteint par la fièvre typhoïde, puis par une phlébite, il ne peut pas être le suffragant du pasteur Fallot.

1903 : il arrive à Blacons, près d’Aouste, pour aider son oncle Tommy Fallot, souffrant, exerçant un ministère de semi-retraite.

19-23 mai 1904 : à Pentecôte, « entretiens » avec Tommy Fallot.

Été 1904 : il reste au côté de Tommy Fallot, jusqu’au décès de ce dernier.

3 septembre 1904 : mort de Tommy Fallot, modèle et père spirituel, « celui à qui je dois, après Dieu, ma vie et ma pensée religieuse et mon idéal du ministère pastoral » ; il fait sienne sa formule : « L’Église sera catholique ou ne sera pas ; le chrétien sera protestant ou ne sera pas. »

20 septembre 1904 : confession de foi devant le consistoire de Crest. Il accepte l’appel de la paroisse d’Aouste et demande à devenir suffragant, désirant poursuivre l’œuvre de son oncle.

20 juillet 1905 : soutenance de sa thèse de baccalauréat en théologie « Les catéchismes de Calvin : études d’histoire et de catéchétique », publiée la même année à Pamiers chez Labrunie.

24 juillet 1905 : il épouse à Paris Jeanne Bargeton, fille du préfet Ernest Bargeton.

3 septembre 1905 : sermon à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Tommy Fallot.

14 septembre 1905 : sermon de consécration pastorale à l’Église réformée d’Aouste sur « Je n’ai point honte de l’Évangile de Christ, c’est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit. » Romains 1.16.

20 septembre 1905 : délibération du consistoire de Crest et décret du président de la république, contresigné par le ministre de l’instruction publique, des beaux-arts et des cultes pour la nomination à la paroisse d’Aouste.

22 octobre 1905 : il est installé pasteur de la paroisse d’Aouste. Son sermon d’installation porte sur « J’ai ouvert devant toi une grande porte que personne ne peut fermer. » Apoc. 3.8.

9 novembre 1906 : naissance de sa fille Denyse à Aouste.

8 février 1908 : naissance de son fils Étienne à Aouste.

26 août 1909 : début de l’écriture de ses carnets (douze carnets de 1909 à 1926).

7 janvier 1910 : naissance de son fils Philippe à Aouste.

7 avril 1911 : mort de sa mère.

3 juillet 1911 : son oncle Alfred Boegner, directeur de la Société des Missions évangéliques de Paris (102 boulevard Arago), lui propose le poste de professeur principal de l’École des Missions destinée à la formation des missionnaires.

23 juillet 1911 : démission au conseil presbytéral de la paroisse d’Aouste, Mirabel et Blacons.

8 novembre 1911 : il prend possession de son poste à la Société des Missions évangéliques de Paris, où il restera jusqu’en 1918. Il y rencontre notamment John R. Mott, laïc américain méthodiste, fondateur de la Fédération universelle des associations chrétiennes d’étudiants et organisateur principal de la Conférence universelle des Missions d’Édimbourg en 1910.

3 juillet 1913 : naissance de son fils Jean-Marc à Paris.

3 et 6 mars 1914 : il soutient sa thèse complémentaire ou « petite thèse de licence », en anglais, qui est publiée en français (L’unité de l’Église, Alençon : Coueslant, 1914).

11 mai 1914 : il soutient sa thèse de licence en théologie devant la Faculté de théologie de Paris, La vie et la pensée de Tommy Fallot d’après sa correspondance et d’autres documents inédits, La préparation (1844-1872), qui paraît chez Paris : Berger-Levrault et Fischbacher, LII-386 p.

2 août 1914 : « le coup de tonnerre » de la guerre ; il est mobilisable dans le service auxiliaire du fait de ses problèmes de santé et de ses charges de famille avec quatre enfants ; il est affecté comme adjoint militaire, avec le grade de sergent, comme infirmier militaire d’abord à Lyon, puis adjoint militaire du directeur civil de la Maison des soldats aveugles à Paris, rue de Reuilly. Il demeure à ce poste toute la durée de la guerre. Il devient un proche du père oratorien Lucien Laberthonnière, aumônier catholique.

13 octobre 1918 : il est installé comme pasteur de la paroisse de l’Annonciation. Cette paroisse s’était scindée en deux, Passy d’un côté et l’Annonciation de l’autre ; après diverses péripéties, une réunification a lieu en 1923 et Boegner est donc pasteur de Passy-Annonciation jusqu’en 1953, avec une interruption de juin 1940 à mars 1943.

8 mai 1919 : il entre au Comité directeur de la Société des Missions évangéliques de Paris, où il restera jusqu’en 1968 après en avoir occupé la vice-présidence en 1939, puis la présidence en 1948 (son plus long engagement institutionnel dans le protestantisme français).

1922 : il est élu président de la Fédération protestante des Associations chrétiennes d’étudiants (la « Fédé ») et le restera jusqu’en 1935.

4 mars 1923 : il préside un culte au temple de la rue Cortambert après la réunification de la paroisse de Passy-Annonciation.

1926 : il est nommé docteur en théologie. Parution du deuxième tome de sa thèse en théologie, La vie et la pensée de Tommy Fallot, aux éditions Berger-Levrault.

1926 : il est professeur à l’Académie de Droit international de La Haye, dispensant un cours sur la Réforme et le développement du droit international.

1928 : il inaugure les « conférences de Carême », au temple de Passy-Annonciation, avec Le Christianisme et le monde moderne. Il s’agit d’un cycle de sept conférences par an, qui sont retransmises par Radio-Paris à partir de 1929. Leur succès est important : grâce à ces conférences, il devient le représentant connu du protestantisme français. Il prononcera trente et une « conférences de Carême », jusqu’en 1962, dont treize seront éditées.

5 décembre 1929 : à Marseille, à 48 ans, il est élu président du conseil de la Fédération protestante de France ; il conservera cette présidence jusqu’au 31 janvier 1961.

9 juin 1931 : nommé chevalier de la Légion d’honneur.

1933 : sa femme Jeanne décède d’une crise cardiaque à l’âge de 48 ans.

1934 : le pasteur Pierre Maury, introducteur de la pensée de Karl Barth en France et professeur de dogmatique, est nommé à l’Église de Passy-Annonciation auprès de lui, et le reste jusqu’à sa mort en 1956. Les deux pasteurs deviennent amis et sont complémentaires.

7 février 1934 : lettre au président de la république Albert Lebrun remise par le cardinal Verdier à la suite de la manifestation et de l’émeute du 6 février.

24-30 août 1934 : Marc Boegner participe pour la première fois à une rencontre œcuménique, à Fanø au Danemark, en tant que délégué par le Conseil de la Fédération protestante de France ; il s’oppose aux « chrétiens allemands ».

Été 1935 : il épouse Mary Thurneysen, née le 4 août 1892 à Jouy-en-Josas, descendante de la famille des Oberkampf, petite-fille de Mme Henriette André-Walther.

Novembre-décembre 1935 : il affronte la question des objecteurs de conscience, avec notamment le cas de Philippe Vernier, pasteur pacifiste. Il n’est pas favorable à l’objection de conscience.

12-26 juillet et 3-18 août 1937 : il participe aux deux conférences œcuméniques, à Oxford, avec le mouvement « Christianisme pratique », et à Édimbourg, avec le mouvement « Foi et Constitution ». Un « comité provisoire » se met en place pour fusionner les deux mouvements ; il en devient le vice-président.

9-12 mai 1938 : à Utrecht, le « comité provisoire » met en place le Conseil Œcuménique des Églises (COE) en « voie de formation ». (L’organisation définitive est prévue pour 1941, mais elle n’aura lieu qu’en 1948.) Il est nommé président de son comité administratif.

29 septembre 1938 : il prononce une allocution radiodiffusée à Radio-Paris à la suite des accords de Munich. Il y évoque le « grand espoir d’aujourd’hui ».

13 décembre 1938 : à la suite de la réunification des réformés et de la fondation de l’Église réformée de France (ERF) lors de son assemblée constituante à Lyon les 25-29 avril 1938, où il joue un rôle primordial, il est élu premier président du conseil national au synode national de l’ERF à Paris au temple du Saint-Esprit. Il le restera jusqu’au 2 juin 1950, date à laquelle Pierre Maury lui succédera.

Début 1939 : il est nommé vice-président du Comité de la Société des Missions de Paris.

Février 1939 : il rencontre l’archevêque de Canterbury William Temple au pavillon Henri IV de Saint-Germain-en-Laye à propos du COE « en voie de formation ».

13 juin 1939 : conférence prononcée à Passy-Annonciation, L’Évangile et le racisme, (« Je sers », 1939, 39 p.).

18 octobre 1939 : à Bièvres, les dirigeants du « Comité Inter-Mouvements de jeunesse » (CIM), créent la CIMADE (Comité Inter-Mouvements Auprès Des Évacués) pour venir en aide, notamment, aux populations d’Alsace et de Lorraine, au nombre de 200 000 environ, évacuées dans le sud-ouest. Il soutient tout le travail des équipes et des équipiers mené par Madeleine Barot, dès la « drôle de guerre », puis sous l’Occupation.

10 juin 1940 : il quitte Paris pour Bordeaux, lors de l’exode. Cette journée est « une des plus douloureuses de ma vie ».

22 juin 1940 : allocution radiodiffusée à Bordeaux. Il rend hommage à l’allocution de Mgr Feltin, archevêque de Bordeaux, du 20 juin, et appelle à la repentance et à l’humiliation.

24 juin – 22 juillet 1940 : séjour à Montauban et à La Villedieu (Tarn-et-Garonne).

21 juillet, 1er et 8 août, 22 août, 19 septembre, 10 et 31 octobre, 19 décembre 1940 : méditations au nom de la Fédération protestante de France lors des services religieux de la radiodiffusion nationale. Ces allocutions se poursuivent en 1941 (16 janvier, 20 février, 10 avril, 5 juin, 3 juillet, 14 août, 30 octobre, 30 novembre, Noël), en 1942 (20 avril, 4 octobre, Noël 1942), 10 octobre 1943, 18 mai 1944.

26-30 juillet 1940 : il se rend à Vichy où il rencontre des ministres, notamment Pierre Laval le 27 juillet.

Août 1940 : ses papiers sont saisis à Paris par la Gestapo.

12 septembre 1940 : première rencontre du maréchal Pétain à Vichy, au Pavillon Sévigné. Le protestant maurrassien René Gillouin, alors chargé de mission auprès du maréchal Pétain, y assiste.

27 septembre 1940 : avec son épouse Mary, il s’installe à Nîmes, 10 rue Claude-Brousson.

31 octobre 1940 : causerie radiophonique sur Actes 5, 29, « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » : obéissance aux détenteurs de l’autorité, mais allusion au « Résistez » (sic) de Marie Durand.

15 janvier 1941 : sa bibliothèque est confisquée par la Gestapo à cause de son « activité politique anti-allemande » et en tant qu’« ennemi du Reich ». Débat chez les Allemands pour décider s’il faut la lui restituer d’une façon ou d’une autre.

24 janvier 1941 : il est nommé par le maréchal Pétain membre du Conseil national de l’État français.

Février 1941-printemps 1941 : il prononce un peu partout dans le Midi sa conférence Les protestants français et la rénovation nationale, de ton clairement maréchaliste.

14 février 1941 : lettre au garde des sceaux à propos de l’arrestation du pasteur Freddy Durrleman.

26 mars 1941 : au nom du conseil national de l’ERF, il écrit à l’amiral Darlan, vice-président du Conseil, et au grand rabbin Schwartz, à propos du sort fait aux Juifs par les « statuts ». La lettre au grand rabbin, largement diffusée (contre le gré de Boegner), constitue un premier signe public de soutien aux juifs.

2 avril 1941 : il visite le camp d’internement de Gurs.

5 juin 1941 : il entend à la BBC son fils Jean-Marc, diplomate rallié à de Gaulle.

21 août 1941 : le journal collaborateur parisien Le Pilori titre « Incroyable mais vrai… Une lettre inadmissible du chef de l’Église protestante » à propos de sa lettre au grand rabbin du 26 mars.

Fin 1941 : expressions d’hostilité à son encontre de la part de protestants qui ont refusé la réunification de 1938 dans l’ERF et se tiennent sur des positions théologiques et politiques de droite.

18 janvier 1942 : au cours d’une entrevue avec le maréchal Pétain, il évoque les attaques contre les protestants, la difficulté du serment, la « question juive » et les « malheureux » des camps d’internement.

27 juin 1942 : il rencontre le maréchal Pétain et lui remet la lettre que le pasteur André-Numa Bertrand a adressée le 5 juin au chef de l’État pour dénoncer « une humiliation gratuite, en affectant de les mettre à part du reste de la Nation », imposée aux juifs de la zone occupée par le port de l’étoile jaune à compter du 7 juin.

20 août 1942 : lettre au maréchal Pétain à propos des déportations de juifs depuis les camps d’internement de la zone non occupée. Elle dénonce « des conditions d’inhumanité qui ont révolté les consciences les plus endurcies » et exige « que la France ne s’inflige pas à elle-même une défaite morale dont le poids serait incalculable ».

26 août 1942 : grande rafle des juifs étrangers dans la zone non occupée.

27 août 1942 : lettre au président du conseil Pierre Laval. Elle demande instamment que ne soient pas dirigés vers la zone occupée des ressortissants étrangers ayant été condamnés dans leur pays pour des raisons politiques.

6 septembre 1942 : à l’Assemblée du Désert, il évoque les souffrances des juifs dans sa prédication du matin et réunit les pasteurs en fin de journée pour un échange d’informations.

7 septembre 1942 : lettre aux pasteurs de la zone non occupée à propos des activités de refuge et contre les « affreux malheurs des Juifs ».

9 septembre 1942 : à Vichy, rencontre avec le chef du gouvernement Pierre Laval, puis avec l’amiral Platon.

10 septembre 1942 : rencontre avec René Bousquet, secrétaire général à la police.

22 septembre et 4 octobre : message du Conseil national de l’ERF aux fidèles et lecture de ce message dans presque toutes les paroisses réformées de France. Il l’écoute à Vichy.

28 septembre 1942 : il se rend à Berne pour négocier avec le gouvernement fédéral l’entrée en Suisse d’un certain nombre de Juifs à ne pas refouler.

19 février 1943 : il rencontre René Bousquet qu’il alerte au sujet de l’arrestation des pasteurs Édouard Theis et André Trocmé au Chambon-sur-Lignon. Ils seront libérés par la suite.

4 mars 1943 : il retrouve Paris et s’y réinstalle.

7 et 25-26 juin 1943 : l’ambassade d’Allemagne à Paris envisage de l’arrêter « en cas de débarquement » ainsi que d’autres grands notables français ; puis elle déconseille cette arrestation. Le ministre des affaires étrangères allemand Ribbentrop accepte sa non-déportation.

10 juillet 1943 et 11 février 1944 : rencontres avec le président du Conseil Pierre Laval à Paris.

15 mars 1944 : le docteur allemand Reichl fait sans succès du chantage auprès de lui, en plein synode national à Paris, pour obtenir une déclaration contre les bombardements et le terrorisme, avec comme contrepartie une discussion à propos de l’arrestation des pasteurs.

25 août 1944 : libération de Paris qu’il décrit avec précision dans son « carnet » n° X. « 23 heures. Une journée s’achève qui ne sera jamais oubliée de ceux qui l’ont vécue. […] J’ai vu le 11 novembre 1918 à Paris. Quelle différence avec aujourd’hui ! »

21 septembre 1944 : reçu en audience par le général de Gaulle, il évoque les arrestations des vichystes et des collaborateurs et demande pour eux des conditions « humaines » en prison. Le chef du Gouvernement provisoire se souvient que deux des fils du pasteur, Jean-Marc et Étienne, étaient auprès de lui.

29 octobre – 10 novembre 1944 : obsèques à Londres de l’archevêque de Canterbury William Temple, puis réunions œcuméniques.

1er janvier 1945 : il est reçu en audience par le général de Gaulle.

23 février 1945 : à Genève, le COE « en voie de formation » élit cinq co-présidents dont lui-même, John Mott et les archevêques Germanos, Fisher et Eidern.

7 mars 1945 : il devient président du comité de la Cimade, dont il a accompagné les débuts en 1939 ; il le restera jusqu’en 1968.

27 mars 1945 : il visite le camp d’« anéantissement » du Struthof.

23 avril – 2 juin 1945 : il se rend à Londres, puis aux États-Unis, pour faire avancer la cause de l’œcuménisme.

30 juillet 1945 : déposition au procès du maréchal Pétain, avec « le plein assentiment » du Conseil de la FPF.

13 octobre 1945 : au cours d’une audience que lui a accordée le général de Gaulle, il demande que Pierre Laval soit rejugé, considérant comme douteux le déroulement de son premier procès.

23 octobre 1945 : rapport sur l’action du Conseil de la Fédération de 1939 à 1945, lors de l’assemblée générale du protestantisme à Nîmes. Il y plaide en faveur de la « politique de présence » à Vichy avant d’évoquer les « lois raciales » et l’action de la Cimade.

15-28 novembre 1945 : il séjourne en Algérie puis au Maroc.

12 décembre 1945 : conférence à Baden-Baden sur « Les Églises chrétiennes et la mission de la France dans le monde ».

1er janvier 1946 : rencontre avec le général de Gaulle.

1er avril 1946 : il est élu à l’Académie des sciences morales et politiques, prenant la succession de Georges Risler.

12-15 décembre 1946 : il se rend à Budapest.

27 mars 1947 : il fonde l’Alliance biblique française et prend la présidence de son comité ; il la conservera jusqu’en octobre 1968.

11 avril – 8 mai 1947 : voyage aux États-Unis et au Canada.

15 juillet – 16 septembre 1947 : voyage à Madagascar, après la répression du mouvement nationaliste, au double titre de la Mission de Paris et de la Fédération protestante de France.

22 octobre 1947 : son article « L’ordre à Madagascar » est publié dans Le Figaro.

6-13 novembre 1947 : séjour à Londres.

6 février 1948 : lettre au président de la république Vincent Auriol pour demander l’amnistie des prisonniers politiques et dénoncer les méthodes policières, en Indochine, à Madagascar et en métropole.

14 février 1948 : allocution radiodiffusée sur Radio Luxembourg.

22 août – 4 septembre 1948 : lors de la première assemblée d’Amsterdam, naissance du COE, où il prononce une allocution et présente un rapport ; il est nommé co-président (avec cinq autres personnalités) et le restera jusqu’en août 1954 à l’assemblée d’Evanston. Selon lui, Visser’t Hooft, le secrétaire général, demeure l’« âme » du Conseil.

24 décembre 1948 – 9 janvier 1949 : il se rend au Maroc.

Juillet – septembre 1949 : voyage en Amérique du Sud (Argentine, Uruguay, Chili, Brésil) ; il prononce une conférence le 25 juillet à Buenos Aires sur « Le drame de la civilisation occidentale ».

14 décembre 1949 : présidence du comité de la Société des Missions jusqu’en juin 1968.

15 et 31 décembre 1949 : il est reçu en audience par le président de la république Vincent Auriol.

24-26 avril 1950 : séjour à Berlin.

22 mai 1950 : conférence à l’Académie des sciences morales et politiques sur « Le drame de la civilisation occidentale ».

2 juin 1950 : fin de sa présidence du conseil national de l’Église réformée de France ; il est remplacé par Pierre Maury de 1950 à 1953, puis par Pierre Bourguet à partir de 1953.

Juin – juillet 1950 : voyage aux États-Unis et au Canada ; à Washington il rencontre le président Truman le 28 juin à la Maison Blanche et décline l’offre d’une croisade contre le communisme lors du début de la guerre de Corée, tout en soutenant par la suite l’action de l’Organisation des Nations-Unies.

26 décembre 1950 – 12 janvier 1951 : voyage en Algérie et en Tunisie.

24 janvier 1951 : il rencontre à Paris Roger Schutz et Max Thurian, frères de Taizé, auxquels il reproche d’avoir rencontré le pape Pie XII à Rome sans en aviser l’Église réformée de France.

26 mars – 5 avril 1951 : il se rend en Italie à Florence, Assise et Rome.

30-31 juillet 1951 : il se rend avec son épouse à Taizé.

14-24 octobre 1951 : voyage au Maroc ; le 20 octobre à Rabat, il prononce une conférence intitulée « Totalitarisme et christianisme : deux grandeurs qui s’affrontent aujourd’hui ».

4 décembre 1951 : sa femme Mary décède d’une pneumonie. Il écrit dans son « carnet » : « … 19h55. Dieu appelle Mary à Lui ! Je suis trop petit pour toutes les grâces dont tu as usé envers ton serviteur. 16 années et 5 mois de merveilleux bonheur. »

20 mars – 9 mai 1952 : voyage en Afrique du Sud, à Madagascar, au Zambèze.

4 décembre 1952 : audience du président de la république Vincent Auriol, qui lui confie un message à remettre au premier ministre Nehru, lors de son prochain voyage en Inde, à propos de la décolonisation et des territoires français en Inde.

7 décembre 1952 – 14 février 1953 : véritable tour du monde ou voyage au Liban, Indochine, Inde, Nouvelle-Calédonie, Australie et États-Unis. À Hanoi, le 20 décembre 1952, il prononce une conférence sur « Les Églises chrétiennes et la mission de la France dans le monde ». Le 10 janvier 1953, à New Delhi, il est reçu en audience par le premier ministre Nehru à propos des Établissements français de l’Inde.

6-13 avril 1953 : voyage au Maroc et en Algérie.

11 mai 1953 : à Rotterdam, il prononce une conférence sur « Le respect de la vie ».

25 mai 1953 : au Chambon-sur-Lignon, il inaugure le nouveau Collège cévenol.

25 octobre 1953 : à 72 ans, dernier culte dans la paroisse de Passy-Annonciation, après 35 ans de ministère paroissial.

23-28 septembre 1953 : séjour à Madrid.

3 et 6 janvier 1954 : il se rend à Colomb-Béchar où il prononce une conférence sur « Albert Schweitzer », puis à Casablanca, sur « La responsabilité des élites ».

5 mai 1954 : à Londres, au Westminster Center Hall, il donne en anglais une conférence intitulée « Gratitude envers les Églises anglaises et la Société biblique de Londres ».

15-31 août 1954 : à la deuxième assemblée du COE d’Evanston aux États-Unis, il quitte sa fonction de co-président du COE ; il continuera cependant à participer aux sessions du Comité central jusqu’en 1961.

Fin 1954 : il est promu commandeur de la Légion d’honneur par le président de la république.

16-22 mai 1955 : il séjourne en Afrique équatoriale.

Octobre 1955 : il accepte l’offre de la Radio-Diffusion-Télévision française d’organiser et d’encourager une émission de télévision de 30 minutes chaque dimanche matin, au nom de la Fédération protestante de France.

Octobre 1955, mars 1957, mars 1958, décembre 1960 : il intervient plusieurs fois auprès des autorités pour condamner la torture pendant les « événements » en Algérie.

13 janvier 1956 : mort de son collègue et ami Pierre Maury.

15 mai 1956 : il est reçu en audience par le président de la république René Coty, à propos de la situation sociale à Madagascar et de l’amnistie en faveur de certains condamnés (pour rébellion) encore emprisonnés.

29 juillet 1956 : séjour à Budapest.

Décembre 1956 : il se rend à Rabat, où il est reçu par le roi Mohammed V.

26 avril 1958 : il prononce sa première allocution télévisée.

31 octobre, 1er et 2 novembre 1958 : ses trois conférences au Grand Temple de Nîmes rassemblent plus d’un millier de personnes, avec pour titres « Protestants chrétiens… ou chrétiens protestants », « Édifions une Église chrétienne réformée » et « Nous relevons le défi ! ». En trente ans, il prononce 185 conférences, en France et dans une vingtaine de pays étrangers. Il est considéré comme un grand orateur.

16 avril 1959 : conférence à Zurich sur « L’unité chrétienne est-elle une utopie ? »

15 novembre 1959 : conférence à La Rochelle « L’Église confesse sa foi ».

4-9 janvier 1960 : voyage en Algérie.

17-18 octobre 1960 : il se rend à une rencontre à Taizé avec le cardinal Gerlier, des évêques et des pasteurs, sur le thème de l’évangélisation.

30 novembre 1960 : dernier rapport en tant que président de la Fédération protestante de France à la Xe assemblée plénière du protestantisme français de Montbéliard, après trente et un ans de présidence. Il évoque la « vision de l’Église universelle de Jésus-Christ » et la communauté de Taizé.

3 décembre 1960 : discours lors de la séance publique annuelle de l’Académie des sciences morales et politiques.

31 janvier 1961 : son ami le pasteur Charles Westphal lui succède à la présidence du conseil de la Fédération protestante de France, dont lui-même devient président d’honneur. Il quitte alors la présidence de toutes ses charges en France, à l’exception des comités de la Cimade et de la Société des Missions.

Novembre 1961 : conférence au Palais des fêtes de Strasbourg sur « Le Conseil Œcuménique des Églises à l’approche du concile du Vatican » à laquelle assistent de nombreux catholiques et protestants.

3 mars 1962 : déjeuner à l’Élysée en son honneur, en tant que « président d’honneur de la Fédération protestante de France, membre de l’Institut », en présence du président de la république, le général de Gaulle, et de Mme de Gaulle.

Carême 1962 : dernières prédications de Carême.

4 et 5 août 1962 : il se trouve à Taizé où il prononce un sermon le 5 août sur Colossiens 3 :15 : « Que la paix du Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans vos cœurs. Soyez reconnaissants ».

Fin août 1962 : session à Paris du comité central du COE, où il vit sa dernière présidence – celle du comité de l’éducation œcuménique : « Quelques heures de détentes avaient été prévues pour le dernier jour de la détente. Elle s’achevèrent à Saint-Germain-en-Laye dans ce même pavillon Henri IV où s’était réuni, en 1939, le Conseil œcuménique « en voie de formation ». Je pus montrer à nos hôtes la chambre natale de Louis XIV où William Temple avait dirigé nos délibérations. Leur adressant la parole à la fin du repas, et ne devant pas être appelé à participer aux sessions ultérieures, je tins à leur exprimer ma reconnaissance pour l’amicale confiance que, pendant tant d’années, ils avaient bien voulu me témoigner. »

6 novembre 1962 : il est élu membre de l’Académie française ; sur 32 voix, il en obtient 17 contre 11 au marquis de Luppé et est élu dès le premier tour grâce à la voix du cardinal Tisserant, doyen du Sacré-Collège. C’est la première fois qu’un pasteur protestant entre à l’Académie française.

6 juin 1963 : réception à l’Académie française ; discours en hommage à son prédécesseur François Albert-Buisson, qu’il termine en évoquant la nécessité de « se détacher des trompeuses sécurités qui ne nous sont d’aucun secours à l’heure de la mort, le temps de laisser briser tout reste d’orgueil pour n’être plus qu’un humble chrétien attendant tout de la grâce de Dieu ». Dans sa réponse, le comte Wladimir d’Ormesson insiste sur le fil directeur de Marc Boegner : « Quand on lit vos ouvrages, même les plus anciens, et qu’on se familiarise avec votre pensée on trouve, tout au long de votre vie, l’idée de l’œcuménisme comme une sorte de leitmotiv ».

30 août – 6 septembre 1963 : voyage en Polynésie française à l’occasion de la proclamation de l’autonomie de l’Église évangélique de Polynésie français et conférence à Papeete le 5 septembre : « Catholiques et protestants, où en sommes-nous ? »

7-31 mai 1964 : en suivant l’itinéraire de saint Paul, il se rend en Terre Sainte. À Istanbul, le 25 mai, il rencontre le patriarche œcuménique Athénagoras.

14-30 septembre et 5-19 novembre 1964 : il se rend à Rome, invité à titre personnel et sans être le délégué d’aucune Église, à la 3e session du concile de Vatican II, sur l’invitation du cardinal Augustin Béa.

26 septembre 1964 : il est reçu en audience privée par le pape Paul VI.

12 novembre 1964 : à la demande de l’ambassadeur de France près le Saint-Siège René Brouillet, il donne une conférence publique à l’église Saint-Louis-des-Français sur « Notre marche commune vers l’Unité » où il s’exclame : « Quel chemin parcouru depuis soixante ans ! Mais que d’étapes restent encore à franchir pour répondre à notre soif d’unité ! »

30 décembre 1964 : il est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur, à l’âge de 83 ans.

18-19 février 1965 : il se rend à Genève pour un dialogue avec le cardinal Augustin Béa, président du Secrétariat pour l’Unité des chrétiens, qui visite officiellement le COE ; ils témoignent publiquement l’un et l’autre de leur accord sur de nombreux points, sauf sur la primauté du pape.

25-26 mai 1965 : il prêche à Taizé.

7 septembre 1965 : il se rend à Taizé où se déroule le camp des équipiers de la Cimade.

14 septembre – 8 décembre 1965 : il assiste à la 4e session du concile Vatican II.

2 décembre 1965 : discours sur les prix de Vertu à l’Académie française.

29 janvier 1966 : entretien d’une journée avec le frère Roger Schutz de Taizé, le pasteur Jacques Beaumont de la Cimade et sa fille Denyse Berthoud.

6-13 mai 1966 : voyage à Budapest et à Debrecen en Hongrie.

23-25 mai 1966 : séjour à Taizé.

11 juillet 1966 – décembre 1967 : de Vulaines-sur-Seine à Paris, il se retire « au désert » pour écrire son principal livre, avec la documentation disponible à Paris ; ce livre en partie autobiographique se veut un véritable manifeste : L’Exigence œcuménique.

8-10 octobre 1966 : il se rend à Taizé.

13 octobre 1966 : il prononce le sermon du jubilé paroissial de l’Église réformée de Passy-Annonciation.

21 mars 1967 : audience pontificale accordée par le pape Paul VI.

Mars 1968 : parution de L’Exigence œcuménique. Souvenirs et perspectives aux éditions Albin Michel.

1er avril 1968 : le général de Gaulle lui écrit à propos de son « magnifique ouvrage » et de son « extrême intérêt ».

28-29 juin 1968 : dernière présidence de l’assemblée générale de la Mission de Paris.

1er septembre 1968 : dernière prédication à l’Assemblée du Désert.

15 septembre 1968 : dernière conférence publique à Orléans sur Péguy.

1969 : année de maladie ; séjours d’été chez ses enfants aux environs de Paris.

7 février 1970 : mort de son frère André Boegner.

16 décembre 1970 : crise cardiaque.

18 décembre 1970 : à 22h15, il meurt à Paris, 34 avenue d’Eylau, à l’âge de 89 ans. Il est enterré au cimetière du Montparnasse. Un service de Sainte Cène a lieu le 21 décembre au temple de Passy-Annonciation. Le service funèbre, présidé par le pasteur Pierre Courthial, se déroule le 22 décembre à l’Oratoire du Louvre.

Docteur honoris causa des Universités ou facultés de Prague, Édimbourg, Toronto, Evanston (North Western University), Bonn, Genève et Aberdeen (d’après Roger Mehl, p. 332, n. 1).

Posthume

14 novembre 1981 à Épinal : premier jour du timbre « pasteur Marc Boegner 1881-1970 » (Yvert et Tellier n° 2153).